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Site officiel de la traduction
franaise
CommandŽe et approuvŽe par le Convent
de lÕAlouette
NOTE DU TRADUCTEUR
(Version 5.1)
Voici une premire traduction
franaise du Book of Shadows de Gerald Gardner et Doreen Valiente, les deux
sorciers ˆ l'origine de la renaissance wiccane au vingtime sicle.
Ce BoS est le plus ancien
document du genre, et certains de ses fragments semblent remonter au Temps des
Bžchers. L'essentiel du texte aurait ŽtŽ transmis ˆ Gerald Gardner vers 1939,
par la grande prtresse du Convent de New Forest, Lady Dorothy Clutterbuck.
Le texte est
un collage de fragments d'origines et d'‰ges divers, remaniŽs par Gardner, et
incluant les belles oraisons versifiŽes par Doreen Valiente (dont le Credo
wiccan, la Rune des sorcires et la Charge de la DŽesse). Nous avons tentŽ
autant que possible de rendre l'esprit de l'original, ses brusques sauts entre
la prose et la poŽsie, entre lÕanglais ancien et moderne, entre le trivial et
le sublime.
Si le texte
est parfois obscur, c'est que les oraisons ne sont qu'une partie des rituels,
qui incluent des gestes et des outils magicques de toutes sortes. Ces dŽtails
sont absents du texte original, mais ont ŽtŽ rŽvŽlŽs dans les ouvrages de
Gerald Gardner, Doreen Valiente, Janet et Stewart Farrar. En ce qui nous
concerne, nous prŽfŽrons taire ces secrets. Rien ne vaut la transmission orale
et une initiation intensŽment vŽcue.
Si le lecteur apprŽcie ce texte,
il peut le diffuser librement (en tout ou en partie) ˆ condition de nous
attribuer la traduction et de reproduire la prŽsente notice. Cela est crucial
pour Žviter une exploitation commerciale indue du texte, et pour assurer la
protection de nos droits. Les commentaires sont bienvenus, et peuvent nous
parvenir via le courrier Žlectronique d'un ami: <olympio1972@hotmail.com>.
© CŽdric
Lelivre,
Pour le Convent de lÕAlouette
Solstice d'ŽtŽ 1999
Avertissement
Garde ung Liure eºcrit de ta plume.
Laiººe tes freres & soeurs copier ce qu'ils ueulent; mais iamais ne te
separe du Liure, & iamais ne conºerue les eºcritz des aultres, car si leur
eºcriture eºtoit reconnue, ils pourroient eºtre emmenŽs & torturŽs. A ceºte
cauºe, chacun conºeruera ses eºcritz & les detruira en cas de danger.
Apprend par coeur tout ce que tu peux, & reºcris le Liure une foys le
danger paººez.
Lorºque quelqu'ung meurt en laiººant
son Liure, tu le detruiras. s'il eºtait trouuez, le Liure serait une preuue
suffiºante contre luy, & sachant Ç qu'il n'eºt poinct de sorcier
iºolez È, ce serait peril pour ses amis. Ainºi, detruis tout ce qui eºt
superflu.
ºi l'on trouue ton Liure sur toi,
icelle preuue ne suffiºt que pour toi seul, & tu pourrois eºtre torturez.
Gardes-toi de toute penºŽe sur le culte; pretend que tu as eu quelque
cauchemar, qu'ung demon t'as forcez ˆ eºcrire cela sans que tu ne t'en rendes
compte. Penºe en toi-meºme: Ç ie ne says rien & rien ne me souuiens.
I'ai tout oubliŽ. È Tache de t'en conuaincre. si les supplices sont
inºupportables, dicts: Ç ie confeººeray, car ie ne puis endurer ces
tourmentz. Que uoulez-uous que ie diºe? Dictes & i'admettray È. s'ils
tentent de te faire auouer des chimeres, tel que uoler dans les airs, conuerºer
auecques le Diable, sacrifier des enfans & manger de la chair humaine, tu
seras liberez des tourmentz en diºant: Ç i'ay eu quelque cauchemar, ie
n'eºtois poinct moy-meºme, i'eºtois fol. È Tous les magiºtratz ne sont pas
mechans. Auecques des circonºtances attenuantes, ils pourroient se montrer
miºericordieux.
ºi tu nous as denoncez,
retractes-toy; dicts que tu as bafouillez soubz la torture, que tu ignorois ce
que tu faiºois ou diºois. si tu es condamnez, ne crains poinct. La FraternitŽ
eºt puiººante. Ils pourroient
t'aider ˆ t'echapper si tu reºtes inebranlable. SI TV NOVS TRAHIS, IL
N'Y A AVCVN ESPOIR EN CETTE VIE OV DANS LA PROCHAINE.
ºi tu reºtes inebranlable iuºqu'au bucher,
il eºt certain que des drogues t'aideront. Elles paruiendront iuºqu'ˆ toy &
t'engourdiront. Et si tu trepaººes, qu'eºt-ce qui t'attends au-dela? L'extaºe
de la Deeººe.
Il en ua de meºme pour les outils de
trauail; qu'ils soyent des obietz courantz que n'importe qui peut auoir chez
soy. Que les pentacles soyent de cire, afin qu'ils fondent ou caººent aiºement.
N'ays poinct d'epŽe, ˆ moins que ton rang ne t'y autoriºe, & ne graue de
noms ou de marques sur quoy que ce soyt. Inºcris les noms & les marques ˆ
l'encre puis effaces-les sitoºt
que les outils sont conºacrŽs.
Ne iamais se uanter, ne iamais
menacer, ne iamais souhaiter du mal ˆ qui que ce soyt. Lorºque l'on iacaººe ˆ
propos de l'Art, dictº: Ç ne me parles poinct d'une telle choºe, cela
m'effraye. C'eºt malchance que d'en parler È.
I. Du
rituel dÕouverture
1. Le credo des sorciers
Oyez les paroles des sorciers:
Notre
secret cachŽ dans la nuit
Lorsque
le chemin Žtait sombre
Nous
le rŽvŽlons en ce jour d'hui.
Devant l'eau et le feu mystŽrieux
Par
la terre et le souffle de l'air
Par
la quintessence de l'esprit
Gardez
silence, veuillez vous taire
Les renaissances de la nature
Le
passage des hivers et printemps
Nous
communions avec ce qui vit
Et
ftons dans un cercle hors du temps
Quatre fois l'an viennent les grands
sabbats
Et
les sorcires dansent avec entrain
Aux
premires rŽcoltes, ˆ la
Chandeleur
Ë
la fte du mai et la Toussaint.
Quand les jours et les nuits
s'Žgalisent
Quand
lÕAstre est au zŽnith ou nadir
Les
sabbats mineurs sont convoquŽs
Et
les sorcires vont s'Žbaudir
Treize lunes et cycles fŽminins
Treize
sorcires dans un convent
Treize
crŽpuscules pour s'Žbattre
Tout
cela en un jour et un an
Transmis depuis les ‰ges anciens
Passant
entre l'homme et la femme
Passant
d'un sicle ˆ un autre
Depuis
le commencement des ‰mes
Quand le cercle magicque est tracŽ
Par
le glaive ou l'athamŽ puissant
Ses
frontires traversent deux mondes
Pour
cette heure vers les ombres il descend
Ce monde n'a aucun droit de le voir
Et
le monde d'en-bas point ne trahis
Les
Dieux anciens y sont invoquŽs
L'Ïuvre
magicque y est accomplie
Il y a deux piliers mystiques
Qui
le seuil du temple avoisinent
Tous
deux sont puissances naturelles
Des
formes et des forces divines
Sombre et lumineux en succession
Les
opposŽs l'un contre l'autre
ReprŽsentent le Dieu et la DŽesse
Gr‰ce
aux a•eux cette foi est n™tre.
La nuit c'est le cavalier des vents
Le
Dieu cornu, seigneur des ombres
Et
le jour c'est le roi des forts
Habitant
les clairires et les combes
Elle est jeune ou vieille ˆ sa guise
Sur
la barque nuageuse elle vogue
Ronde
dame argentŽe de minuit
Sombre
matrone et mystagogue
Le Ma”tre et la Ma”tresse de l'Art
Habitent
les trŽfonds de l'esprit
Immortels
et toujours renouvellŽs
Ë
volontŽ ils librent ou lient
Ainsi, bois le vin des Dieux anciens
Et
danse, et aime en leur honneur
Jusqu'au
jour o ils te recevront
Dans
la paix, ˆ la fin de tes heures
Fait ce que voudras, c'est le dŽfi
Mais
ˆ personne ne fait de mal
Voilˆ
le commandement unique
Que
les Dieux t'enseignent l'idŽal
lÕŽthique
wiccane en huit mots pieux:
Si nul n'est lŽsŽ, fait ce que veux
2. BŽnŽdiction de lÕeau et du sel
Je t'exorcise,
™ crŽature aqueuse,
afin que tu chasses de toi
toute impuretŽ
et toute malpropretŽ des esprits des mondes
fantasmatiques;
aux noms de Cernunnos et d'Aradia.
Que cette crŽature saline soit
bŽnie.
Que toute malignitŽ et tout obstacle
en soient chassŽ,
et que tout bienfaits y pŽntrent.
Ainsi je te bŽnis afin que tu
puisses m'assister,
aux noms de Cernunnos et d'Aradia.
Et souviens-toi que si l'eau purifie
le corps,
c'est lÕescourge qui purifie l'‰me.
3.
ƒvocation du cercle
Je te conjure,
™ cercle de pouvoir,
afin que tu sois un lieu de
rencontre
pour l'amour, la joie et la vŽritŽ,
un bouclier contre tout maux et
toute mŽchancetŽ,
une frontire entre le monde des hommes et le royaumes des
Puissances,
un rampart et une protection
qui prŽservera et contiendra le
pouvoir que j'accumulerai en toi.
Ainsi je te bŽnis et te consacre,
aux noms de Cernunnos et d'Aradia.
Oyez,
seigneurs de la Tour de l'Est,
seigneurs de l'Air.
Je vous convoque,
vous Žveille et vous appelle
pour observer mes rites
et garder le cercle.
Oyez,
seigneurs de la Tour du Sud,
seigneurs du Feu.
Je vous convoque,
vous Žveille et vous appelle
pour observer mes rites
et garder le cercle.
Oyez,
seigneurs de la Tour de l'Ouest,
seigneurs de l'Eau,
seigneurs de la mort et de l'initiation.
Je vous convoque,
vous Žveille et vous appelle
pour observer mes rites
et garder le cercle.
Oyez,
seigneurs de la Tour du Nord,
seigneurs de la Terre,
gardiens du portail borŽal.
ï puissant Dieu,
™ bonne DŽesse,
je vous convoque,
vous Žveille et vous appelle
pour observer mes rites
et garder le cercle.
II. De lÕinvocation des Dieux
1.
Invocation de la DŽesse Mre
BŽnis
soient les pieds qui t'ont conduit en cette voie.
BŽnis
soient les genoux qui se poseront devant l'autel sacrŽ
BŽnis
sois la matrice sans qui nous ne serions pas.
BŽnis
soient les seins formŽs dans la beautŽ
BŽnis
soient les lvres qui diront les noms de joie.
Je
t'invoque et t'appelle, ™ notre puissante Mre,
Source
de toute fŽconditŽ.
Par
les semences et les racines,
Par
le bourgeon et la tige,
Par
la feuille, la fleur et le fruit,
Par
la vie et l'amour,
Je
t'invoque pour que tu descendes
Dans
le corps de ta servante et prtresse.
Salut
Aradia! De la corne almalthŽenne
Verse
ton amour. Je m'incline bien bas
Avec
un sacrifice ˆ ton tr™ne de souveraine.
Tes
pieds sont pour mes lvres, et ma prire pa•enne
S'Žlve
avec l'encens. Offre ton amour,
O
Puissance, et descend ˆ mon secours
Car
sans toi je suis perdu et j'ai grandÕ peine.
De
la Mre sombre et divine
J'ai
le fouet et le baiser
L'Žtoile
d'amour tant dŽsirŽe
Et je te charge par ce signe
2. La Charge de la DŽesse
ƒcoutez
les paroles de la DŽesse Mre
Jadis
appellŽe Brid, Isis et MŽlusine
Dana
et Aradia, Freya et DŽmŽter
Et
invoquŽe sous milles autres noms sublimes :
Ñ Lorsque vous en sentez le besoin
ou dŽsir
Une
fois par mois, surtout ˆ la lune pleine,
En
quelque endroit secret il vous faut rŽunir
Pour
mÕadorer en esprit, moi la Souveraine,
Moi
que tous les sorcires et sorciers admirent.
Ceux
qui veulent tout savoir des pratiques anciennes,
Ceux
qui aiment lÕArt et veulent encor dŽcouvrir,
Ils
sauront et verront des choses surhumaines.
Ñ Vous serez libŽrŽs de tout
esclavage,
Et
comme signe de votre affranchissement
Vous
me cŽlŽbrerez vtus des seuls nuages;
Et
vous danserez, chanterez en festoyant,
Jouerez
de la musique et ferez lutinage.
Ainsi
vous mÕhonorerez dŽlicieusement,
Car
lÕextase spirituelle est mon partage
Et
mienne aussi est la joie des corps exultants,
Car
ma loi est amour pour les tres et les ‰ges
Ñ Conservez la puretŽ de votre idŽal
Tendez
toujours vers lui. Faites votre chemin
Sans
tre arrtŽ ou dŽtournŽ par le mal.
Mienne
est la porte du Royaume ŽlysŽen
Mienne
est la coupe de vie et le saint Graal,
Le
chaudron de Korridwann et la vie sans fin.
Ñ Je suis la bonne, la gŽnŽreuse
DŽesse
Qui
offre ˆ tous les cÏurs le cadeau de la joie.
Sur
terre, lÕŽternitŽ de lÕesprit je professe
Comme
jÕenseigne la paix aprs le trŽpas
Je
refuse les sacrifices sous toutes espces
Car
je suis Mre. Les vivants viennent de moi
Et
jÕinonde toute la terre de tendresse.
ƒcoutez la voix de la DŽesse
ŽtoilŽe,
Aux
pieds duquelle tr™nent les h™tes cŽlestes
Et
dont le corps encercle lÕunivers entier :
Ñ CÕest moi qui suis la beautŽ de la
verte Terre
Et
la Lune blanche sous son dais constellŽ
Des
abysses marines je suis le mystre.
Je
suis ce dŽsir en ton ‰me appelŽ.
Lve-toi
et viens ˆ moi. Point ne dŽlibre.
Car
je suis lÕ‰me de la Nature incarnŽe
Je
suis celle qui donne vie ˆ lÕUnivers
Tout
procde de moi et veut y retourner.
Devant
ma face, aimŽe des Cieux comme de la Terre,
Et
dans les ravissements de lÕinfinitŽ
Tu
verras le divin en toi qui se libre
Ñ Que mon culte Žgaye les coeurs
attristŽs
Car
l'amour et les plaisirs sont ma liturgie.
Ayez
en vous de la force et de la beautŽ,
Du
pouvoir et de la compassion aussi.
Ayez
de l'honneur comme de l'humilitŽ,
De
la rŽvŽrence et de la plaisanterie.
Ñ Et toi qui penses me chercher, tu
dois savoir
Que
ta qute et tes beaux projets seront dŽus
Ë
moins que tu ne traverses le miroir.
Si
ˆ lÕintŽrieur de toi tu nÕas pas vu
Ë
lÕextŽrieur de toi tu ne saurais voir
Car
je suis avec toi depuis le tout dŽbut
Et
je suis trouvŽe ˆ la fin du vouloir.
Bagahi laca bachahŽ
Lamac cahi achabahŽ
Karrelyos
Cabahagi sabalyos
Baryolas
Lagozatha cabyolas
Samahac et famyolas
Harrahya!
3. Evocation de Diane
Diane de la ronde Lune
ï Reine des enchantements
Le vent souffle sur les sorbiers
Nous tÕinvoquons en ce moment
Les soucis du jour sÕŽvanouissent
Et cette heure la nuit tÕappartient
Nous communions dans lÕamour
Avec tous les tres sans liens
Comme le pouvoir nous entourre
Le temps se dissout dans lÕair pur
Ici nous sommes entre les mondes
Et unis avec la nature
Ton consort est le Grand Cornu
Qui joue de la flute de pan.
Dieux dÕamour, de vie et lumire
Venez ici, joignez nos rangs!
Pour vous en cercle nous dansons
Et pour vous sÕŽpanche le vin.
Dieux antiques de cette terre
Nous rŽpŽtons les noms anciens
Par sort pa•en, par le croissant
Par tous les secrets de la nuit
Par rve, et dŽsir, et mystre
Par la blanche lune qui luit.
Enfin nous pouvons ou•r et voir
Et savoir au fond de nos coeurs
Quela magie reste avec nous
Alors que notre cercle meurt
ï Dieu Cornu de la puissance
ï Reine-DŽesse des nuits
Sur terre, sur mer, dans les cieux
Allez en paix, soyez bŽnis
4. Invocation du Grand Cornu
Grand
Dieu Cernunnos, reviens sur terre parmis nous.
RŽponds ˆ mon appel et montre toi ˆ tous.
Pasteur
des chevreaux, sur les sentier montagneux,
Mne
ton troupeau du soir au jour lumineux.
OubliŽes
sont les voies du rve et de la nuit.
L'homme
cherche mais a des yeux de chauves-souris.
Ouvre
la porte, la porte sans clefs, sans huis,
Le
portail onirique qui conduit ˆ toi.
ï
Pasteur des chevreaux, je t'en prie, rŽponds-moi.
Akhera goiti - akhera beiti!
5. Appel de Cernunnos
Par la flamme qui luit,
ï Grand Cornu!
Nous tÕappelons dans la nuit,
ï Dieu feuillus!
Nous tÕinvoquons par la lune qui
rgle la mer,
Par les Dolmens et les Žrablires.
Nous tÕinvoquons, lˆ o se
rassemblent les tiens,
Dans le temple indicible, oubliŽ au
loin.
Montrez-vous, lˆ o la ronde est
dansŽe,
Cornes et sabots de la caprine
dŽitŽ!
Par le bosquet sous la lune, sur les
monts,
Quand la fort hantŽe dort au chant
des grillons,
RŽpond aux charmes de nos mŽlodies
Comme la lune ensorcelle lÕair de
minuit.
ƒvoque ton pouvoir, ta puissance
cachŽe
Par la brume claire et les secrtes
marŽes,
Par la flamme rouge sous la clartŽ
cŽleste,
Par les ombres qui chevauchent les
vents lestes,
Par les fougres et lÕespiglerie
des fŽes,
Les forts farouches et les bosquets
enchantŽs!
Viens, ï viens! RŽpond ˆ cette heure
Au tambourinement de nos coeurs.
Participe ˆ notre assemblŽe sur
terre
Quand sÕŽlve la lune, blanche
sphre.
Tes sabots galoppent dans la nuit
venteuse
Quand tremblent et soupirent les
branches ombrageuses.
Nous savons tes soirŽes terribles et
joyeuses.
Nous jetons les sorts que ton
pouvoir libre
Lors des esbats, des sabbats majeurs
et mineurs.
Nous disons les mots sacrŽe qui
dŽchirent le voile
De la fin des mondes ˆ lÕaube
primordiale
Lors du commencement des temps.
Recevez la bŽnŽdiction de Pan!
Soyez bŽnis par le brasier et les
sorts
Soyez bŽni par ce qui compte plus
que lÕor
Soyez bŽnis par lÕamour et la
fermetŽ
Soyez bŽnis, lˆ o vous vagabondez.
Que la vision pa•enne du paradis
Au-delˆ de la mort et de la vie
Loin des jours malheureux
Ne quitte plus vos yeux
Que lÕhymne printanier
Ne quitte point votre ‰me charmŽe
Alors que vous pŽrŽgrinez
Du soleil de midi ˆ la plus sombre
lune
Car avec tous les tres votre vie
est une.
A”nŽ des Dieux, cÕest toi que nous
appelons
Que toute crŽature soit bŽnie en ton
nom!
6. Charge du Dieu cornu
Oyez les paroles du Dieu Cornu,
Jadis appellŽ Pan, Mardouk, Merlin,
Adonis, Lugus, Cernunnos, Osiris,
BŽlŽnos,
Et plusieurs autres noms.
ÑLorsque vous avez besoin de quelque
chose,
Lors des Sabbats,
Et surtout aux solstices,
Assemblez-vous en quelque endroit
secret
Et adorez mon esprit,
Moi qui suis le Seigneur des Ombres
Et de la Lumire.
Lˆ s'assembleront
Ceux qui dŽsirent acquŽrir le
pouvoir,
Ceux qui nÕont pas encore bu ˆ ma
source.
Ë ceux-lˆ, je communiquerai
Une puissance hors du commun.
ÑVous serez farouches
Comme les btes sauvages,
Et en tŽmoignage de votre vitalitŽ,
Vous cŽlŽbrerez vos rites dans la
fort;
Et vous danserez, chanterez,
fterez,
Jouerez de la musique et aimerez,
Tout cela en mon honneur.
Car je suis le grand Veneur,
Le monde onirique est mien,
Et mienne aussi est la clartŽ
solaire;
Car ma loi est Žquilibre en toutes
choses.
ÑConservez la puretŽ
De vos plus nobles sentiments.
Poursuivez votre qute.
Et triomphez des Žpreuves.
Car le portail sacrŽ
Qui sÕouvre sur la vie est mien,
Et mienne aussi
Est la Lance Žtincellante de Lugus
Et la rŽgŽnŽration entre les vies.
Je suis le Seigneur terrible et
juste
Qui offre le repos ˆ toutes les
‰mes.
Sur terre, jÕenseigne les marŽes de
la vie.
Au-delˆ de la mort,
Je montre la voie vers la lumire.
Je suis le Roi sacrificiel
Et ma moisson nourrit la terre.
ÑOyez les paroles du Dieu dansant,
Dont la flute harnache les vents
Et dont le galop rŽveille les
saisons :
ÑCÕest moi qui suis le GŽant vert,
LÕOeil solaire,
Et le Mystre de la flamme.
Je suis lÕŽnergie de la nature
AppelŽe en ton corps.
Laisse-moi tÕenvahir,
Car je suis la chaleur de la terre,
Celui qui pulse dans le Cosmos.
Tous les tres meurent
Et renaissent en moi.
Devant ma couronne
HonorŽe par les Dieux et les hommes,
Ta divinitŽ la plus intime brisera
ses cha”nes.
ÑQue mon culte anime les corps,
Car la danse et les dŽfis physiques
Sont mes rites.
Ainsi, quÕil y ait en vous
Du courage et de la prudence,
Du dŽsir et de la crainte,
De la gŽnŽrositŽ et de la colre,
De la sŽrŽnitŽ et de la frŽnŽsie.
ÑEt toi qui cherche ces vertus,
Sache que ta qute
Et tes espoirs seront dŽus,
Ë moins que tu ne conquierre ton
Ombre.
Car je suis la lumire dans les
tŽnbres
Et la nuit dans le jour.
III. Des chants
pour accumuler le pouvoir
1. Rune des sorcires
Eko,
eko, Azarak,
Eko,
eko, ZomŽlak,
Eko,
Eko, Cernunnos,
Eko,
Eko, Aradia!
Sombre nuit, lune argentŽe
Est,
puis Sud, puis Ouest puis Nord
Oyez
le chant des sorciers
Nous
venons jeter nos sorts
Terre et eau, air et feu
Baguette
et glaive et denier
OpŽrez
comme je veux
Ë
mes ordres obŽissez !
Encens, fouet, couteau, quipoux
Par
le pouvoir de la lame
Ë
la vie Žveillez-vous
Venez
assister mon charme!
Reine des Cieux et des morts
Chasseur
cornu de la nuit
Prtez
pouvoir ˆ nos sorts
Renforcez
notre magie!
Par la terre, par l'ocŽan
Par
la lune et le soleil
Ainsi
soit fait notre chant
Qu'il
rŽalise des merveilles
Eko, eko, Azarak,
Eko,
eko, ZomŽlak,
Eko,
Eko, Cernunnos,
Eko,
Eko, Aradia!
2.
Ballade des Sorcires
Oh, je suis sortie de la ville
jÕai vu, jÕai ou• dans ma vigile
Ce que les bien-pensants ignorent
Au sommet dÕun mont dŽsolŽ
Ë minuit jÕentendit fort bien
RŽsonnant dans lÕobscuritŽ
Le sombre appel dÕun cor pa•en
JÕai vu un feu incandescent
Des ŽpŽes brillantes dÕŽclats
Et jÕai vue, de lÕoeil qui pressent
Le Grand Cornu, roi des sabbats
JÕai bu le vin, rompu le pain
Puis lÕai mangŽ au nom des Dieux
En cercle on se lia les mains
Et fta par rires et par jeux
Les bourgeois sÕen moquaient pas mal
Alors quÕils ronflaient dans leur
pieu
Loin des routes, sous les Žtoiles
Gambillaient des sorciers joyeux
La ronde retourna encor
JusquÕˆ lÕocclusion du portail
SŽparant la terre qui dort
Du Royaume des Loreley
Oh, jÕai vu et jÕai visitŽ
Le monde enchantŽ des mystres
Que je soit louŽe ou bl‰mŽe
Pour moi, cela nÕimporte gure
Car je suis sortie de la ville
JÕai trouvŽ le sauge et la rose
Et jÕai ou• les notes subtiles
Fi de ces biens-pensants qui
nÕosent!
3.
Sortilge du Convent
ï Dieux du ciel, de la terre et la
mer aussi
Nous jetons notre sort, et quÕil en
soit ainsi!
Ë la libre musique qui souffle la
nuit
Nous jetons notre sort, et quÕil en
soit ainsi!
La chouette hullule sur un arbre
pourri
Le chat noir parcourt la sombre
fort sans bruit
La grenouille sÕabrite sous le
rocher gris
Nous jetons notre sort, et quÕil en
soit ainsi!
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
Au Dieu Cornu qui attend, cachŽ sous
le buis
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
Par la jarretire qui au genou se
lie
Par baguette, chaudron et forces de
magie
Que se rŽalisent les choses en notre
esprit
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
Le sort rŽsonne au loin comme sur lÕeau les plis
Le sort, comme les faons et les
chnes grandit
Il sÕŽtend comme la flame dÕun
incendie
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
Nous chantons notre sort, et quÕil
en soit ainsi!
IL EN EST AINSI!
IV Des
consŽcrations
1. ConsŽcration du vin
Comme l'athamŽ est masculin
la coupe est fŽminine.
Conjointement ils deviennent une
seule vŽritŽ.
2. ConsŽcration des g‰teaux
ï Reine trs secrte,
bŽnis cette nourriture en nos corps;
prodigue la santŽ, la richesse, la
force, la joie et la paix,
et la rŽalisation de l'amour qui est parfait bonheur.
3. ConsŽcration de lÕathamŽ
Je te conjures,
™ athamŽ,
par les noms d'Abrahach, Abrach et
Abracadabra,
afin que tu serves de force dans tous mes travaux
magicques
et de dŽfense contre mes ennemis
visibles et invisibles.
Je te conjure encore par le saint
nom d'Aradia
et le saint nom de Cernunnos.
Je te conjures,
™ athamŽ,
afin que tu me protges contre toute
adversitŽ,
ainsi viens-moi en aide maintenant.
Je te conjures,
™ athamŽ d'airain,
par le puissant Dieu et la bonne
DŽesse,
par les cieux, les Žtoiles et les
esprits qui prŽsident sur eux.
Reois une vertu telle
que tu accomplisses mes dŽsirs en
toutes choses o je t'utilise,
par le pouvoir d'Aradia et de
Cernunnos.
4. ConsŽcration des outils
magicques
Aradia et Cernunnos,
daignez bŽnir et consacrer ce
pentacle
(bollne, calice, baguette, encensoir, martinet, cordons, etc.).
Qu'il acquierre par vous les vertus
requises
pour tout acte d'amour et de beautŽ.
Aradia et Cernunnos,
bŽnissez cet outil prŽparŽ en
votre honneur.
[pour le
martinet et les cordons, ajouter] Ç ...afin qu'il serve ˆ bon usage et
pour votre gloire. È
V. Du
rituel de cl™ture
Oyez,
seigneurs de la Tour de l'Est,
seigneurs de l'Air.
Je vous remercie d'avoir assistŽ ˆ
nos rituels,
et alors que vous retournez dans vos
beaux et doux royaumes,
je vous dit salut et adieu!
Oyez,
seigneurs de la Tour du Sud,
seigneurs du Feu.
Je vous remercie d'avoir assistŽ ˆ
nos rituels,
et alors que vous retournez dans vos
beaux et doux royaumes,
je vous dit salut et adieu!
Oyez,
seigneurs de la Tour de l'Ouest,
seigneurs de l'Eau,
seigneurs de la mort et de
l'initiation.
Je vous remercie d'avoir assistŽ ˆ
nos rituels,
et alors que vous retournez dans vos
beaux et doux royaumes,
je vous dit salut et adieu!
Oyez,
seigneurs de la Tour du Nord,
seigneurs de la Terre,
gardiens du portail borŽal.
ï puissant Dieu,
™ bonne DŽesse,
je vous remercie d'avoir assistŽ ˆ
nos rituels,
et alors que vous retournez dans vos beaux et doux
royaumes,
je vous dit salut et adieu!
VI. Des Sabbats
1.
Samhain
Redoutable
Seigneur des ombres,
Dieu
de Vie et Donneur de Vie,
Dont
la connaissance est connaissance de la mort,
Ouvre
grand, je tÕen prie,
Le
portail que tous doivent franchir.
Que
les chers disparus
Pour
se rejouir ˆ nos c™tŽs.
ï
toi, le Consolateur,
Le
LŽnifiant et le Pacificateur,
Quand
le temps viendra,
Et
il viendra,
Nous
entrerons en ton Royaume sans pleur et sans peur,
Car
nous savons que reposŽs et revigorŽs avec les n™tres
Nous
rena”trons encore
Par
ta gr‰ce, et celle de la Grande Mre.
Fait
que ce soit au mme lieu
Et
ˆ la mme Žpoque que nos tres chers
Afin
que nous nous rencontrions,
Sachions
et nous rappellions,
Et
que nous aimions de nouveau.
Descend,
nous tÕen prions, sur ton prtre et serviteur.
Voyez, lÕOuest est Amenti, le Royaume
de la Mort, o plusieurs de nos tres chers sont allŽ se reposer et se
rŽgŽnŽrer. En cette nuit nous communions avec eux, et alors que notre
Demoiselle les accueille au portail occidental, je vous invite, frres et
soeurs dans lÕArt, ˆ invoquer lÕimage des bien-aimŽs en vos cÏurs et esprits.
Ainsi notre accueil saura-t-il les rejoindre.
Ce mystre cache un autre mystre.
Car le lieu de repos entre les vies est aussi Ker-Arianrod, le Ch‰teau de la
Roue ArgentŽe , suspendu au dais des Žtoiles qui tournent au-delˆ du vent
nordique. Lˆ rgne Arianrod, la
Dame Blanche, dont le nom signifie : Ç roue argentŽe È. CÕest
vers ce but que nous invitons nos tres chers. Que la Demoiselle les guide en se
dirigeant de faon sinistrogyre vers le centre. En effet, la spirale de
Ker-Arianrod conduit vers la nuit et le repos, et poursuit une voie inverse ˆ
la route du soleil.
Ceux qui tÕaccompagnent sont
bienvenus ˆ notre festival. QuÕils nous c™toient dans la paix. Et toi,
Demoiselle, reviens sur le sentier spiralŽ afin de rejoindre tes frres et
soeurs. Procde de faon dextrogyre, vers lÕextŽrieur de Ker-Arianrod, car la
route solaire est la voie de la renaissance .
2. La
NativitŽ
Que les
hommes tirent ˆ la courte Ðpaille.
Tu es le Roi-Houx, Dieu de lÕannŽe
dŽcroissante. Demoiselle, apporte sa couronne!
Tu es le Roi-Chne, Dieu de lÕannŽe
croissante. Demoiselle, apporte sa couronne!
Ñ Mon frre et moi avons ŽtŽ
couronnŽs et sommes prt ˆ rivaliser. Mais o est le Notre-Seigneur le Soleil?
Ñ Notre-Seigneur le Soleil est mort!
Reviens,
oh reviens!
Dieu-Soleil,
Dieu de Lumire,
Reviens!
Tes
ennemis se sont enfuis,
Tu
nÕas plus dÕennemis.
ï
adorable protecteur,
Reviens,
reviens!
Reviens
auprs de ta sÏur,
De
ton Žpouse qui tÕaime.
Ne
tÕŽcartes pas de nous.
ï
mon frre, mon compagnon,
Reviens,
reviens!
Quand
tu te caches
Mes
yeux te cherchent
Mes
pieds battent la terre pour te trouver!
Les
Dieux et les hommes
Prient
ensemble pour toi
Dieu-Soleil,
Dieu de Lumire,
Reviens!
Reviens
auprs de ta sÏur,
De
ton Žpouse qui tÕaime.
Reviens!
Reviens! Reviens!
Reine
de la Lune, Reine du Soleil
Reine
des Cieux, Reine des Etoiles
Reine
des Eaux, Reine de la Terre
Donne-nous
lÕEnfant promis!
CÕest
la GrandeMre qui Lui donne naissance
CÕest
le Seigneur de la Vie qui rena”t
Pleurs
et tŽnbres seront dissipŽs ˆ lÕaube,
LorsquÕil
se lvera.
Soleil
dorŽ des collines et montagnes
Illumine
la terre, illumine le monde
Illumine
les mers, illumine les rivires
Que
les peines disparaissent,
Joie
sur le monde!
BŽnie soit la Grande DŽesse
Sans commencement ni fin
Immortelle et Žternelle
Io ƒvo HŽ! BŽnie soit-elle!
Io ƒvo HŽ! BŽnie soit-elle!
Io ƒvo HŽ! BŽnie soit-elle!
Alors que le Dieu Soleil est au
nadir de sa puissance et de sa majestŽ, lÕannŽe descendante est rŽvolue, et le
rgne du Roi-Houx prend fin. Le Soleil rena”t et lÕannŽe croissante commence.
Le Roi-Chne doit sacrifier son
frre et rŽgner sur la terre jusquÕau zŽnith de lÕŽtŽ, lorsque son frre
rena”tra.
LÕesprit du Roi-Houx nous a quittŽ,
et repose ˆ Ker-Arianrod, le Ch‰teau de la Roue ArgentŽe. Il y demeurera
jusquÕau jour o la rotation de lÕannŽe ramnera la saison de son rgne.
Puisque lÕesprit nous a quittŽ, que celui dÕentre-nous qui lÕa reprŽsentŽ soit
libŽrŽ de sa t‰che.
3. La Chandeleur
Redoutable
Seigneur de la Mort et la RŽsurrection,
Ma”tre
de la Vie et Donneur de vie,
Seigneur
ˆ lÕintŽrieur de nous-mme,
Dont
le nom est Mystre des mystres,
Conforte
nos coeurs .
Que
ta Lumire se cristallise en notre sang,
Assurant
notre rŽsurrection.
Car
il nÕest partie de nous qui ne
soit divine
Descend,
nous tÕen prions, sur ton prtre et serviteur.
BŽnis
sois-tu.
Voyez
la DŽesse triforme,
Celle
qui est toujours Triple
Demoiselle,
Mre et Matrone,
Quoique toujours Une.
Car
sans printemps, point dÕŽtŽ;
Sans
ŽtŽ, point dÕhiver;
Sans
hiver, point de nouveau printemps.
Ainsi
nous bannissons lÕhiver;
Ainsi
nous accueillons le printemps,
Disons
adieu ˆ la mort,
Et
saluons les vivants.
Ainsi
nous bannissons lÕhiver;
Ainsi
nous accueillons le printemps
4.
Ostara
Nous
allumons aujourdÕhui ce feu
En
prŽsence des Dieux
Sans
malice, sans jalousie, sans envie
Sans
craindre rien sous le Soleil
Hormis
les Dieux Trs-Hauts.
Nous
tÕinvoquons, ™ Lumire de vie.
Sois
pour nous une brillante flamme
Sois
une Žtoile scintillant sur nos ttes
Sois
un clair sentier sous nos pas.
Embrase-toi en nos coeurs
Flamme
dÕamour pour le prochain,
Pour
nos adversaires, nos amis, nos parents,
Pour
tous les hommes sur la vaste terre,
Du plus petit vivant
JusquÕau
Nom le plus Haut,
ï
gracieux fils de Korridwann,
ï
Soleil, armes-toi pour conquŽrir les TŽnbres!
5.
Beltaine
Ñ Le Feu de Bel est Žteint, et le
Roi-Chne est mort. Il a embrassŽ la Grande Mre et il a succombŽ ˆ son amour.
Il en est ainsi dÕannŽe en annŽe depuis le commencement des temps. Comme meurt
le Dieu de lÕannŽe montante, tout meurt avec lui. Les champs sont dŽserts, les
arbres fruitiers sont dŽpouillŽs, et la Grande Mre est stŽrile. Que ferons
nous pour que le Roi-Chne revienne?
Ñ Rallumons le feu de BŽlŽnos!
Ñ Ainsi soit fait. Que chacun prenne
une chandelle et sÕalimente au feu de BŽlŽnos. Reviens-nous, Roi-Chne, afin
que la terre retrouve sa fertilitŽ.
Je
suis le cerf aux andouillers septuples
Je
suis la crue des rivires sur la plaine
Je
suis le vent qui rŽchauffe lÕeau profonde
Je
suis les larmes brillantes du soleil
Je
suis la blancheur du muguet
Je
suis le Dieu qui enflamme les esprits
Garde
silence sur notre Art
Car
les curŽs y verraient quelque pŽchŽ
Mais cette nuit nous irons dans la
fort
Et
nous appelerons lÕŽtŽ!
Nos
bouches ramneront une bonne nouvelle
Pour
les femmes, les troupeaux et les cŽrŽales.
AujourdÕhui
le Soleil surgit du midi
AccompagnŽ
du Chne, du Frne, de lÕAubŽpine!
Gardien de cette demeure, veille sur
elle dans lÕannŽe qui vient, jusquÕˆ ce que le feu de BŽlŽnos sÕŽteigne et se
rallume de nouveau. BŽni cette maison et soit bŽni par elle. Que tout ceux qui
vivent ici et tous leurs invitŽs prosprent sous ce toit. Ainsi soit fait!
6. La
Saint-Jean
Que les
hommes tirent ˆ la courte Ðpaille.
Tu es le
Roi-Chne, Dieu de lÕannŽe croissante.
Demoiselle,
apporte sa couronne!
Tu es le Roi-Houx, Dieu de lÕannŽe dŽcroissante.
Demoiselle, apporte sa couronne!
Alors que le Dieu Soleil est au
zŽnith de sa puissance et de sa majestŽ, lÕannŽe croissante est rŽvolue, et le
rgne du Roi-Chne prend fin.
Alors que le Dieu Soleil est au
zŽnith de sa splendeur, le Roi-Houx doit sacrifier son frre et rŽgner sur la
terre jusquÕau nadir de lÕhiver, lorsque son frre rena”tra.
Dansez,
™ ma Dame, sur la tombÕ du Roi-Chne,
Pour
la moitiŽ de lÕan, il dort en vous sans peines .
Dansez, ™ ma Dame, comme na”t le
Roi-Houx,
Il
a tuŽ son jumeau pour nous sauver du joug.
Dansez, ™ ma Dame, ˆ la gloirÕ du
Soleil,
Ses
rayons donne aux champs, des fleurs couleur de miel.
Dansez, ™ ma Dame, avec votre
athamŽ,
Appelez
le soleil, quÕil bŽnisse vos prŽs.
Dansez, ™ ma Dame , en rond la Roue
dÕargent,
Car
le Roi-Chne dort, il guŽrit lentement.
Dansez, ™ ma Dame, au rgne du
Roi-Houx,
Car
son frre bient™t, reviendra parmis-nous.
Dansez, ™ ma Dame, sous la lune
vermeille,
Par
votre triple nom si doux ˆ nos oreilles.
Dansez, ™ ma Dame , sur la terre qui
sÕŽlance,
Car
la naissance est mort, et la mort est naissance.
Dansez, ™ ma Dame, au zŽnith du
soleil
Car
malgrŽ sa splendeur, il meurt, il sÕensommeille.
Dansez, ™ ma Dame, aux cycles de
lÕannŽes
Ë
ses fluctuations, vous devez vous
plier.
Dansez, ™ ma Dame!
Dansez,
™ ma Dame!
LÕesprit du Roi-Chne nous a quittŽ,
et repose ˆ Ker-Arianrod, le Ch‰teau de la Roue ArgentŽe. Il y demeurera
jusquÕau jour o la rotation de lÕannŽe ramnera la saison de son rgne.
Puisque lÕesprit nous a quittŽ, que celui dÕentre-nous qui lÕa reprŽsentŽ soit
libŽrŽ de sa t‰che. Que les feux de la Saint-Jean brillent ˆ nouveau!
Puissance des Cieux, Pouvoir du
Soleil, nous tÕinvoquons sous tes Noms anciens : Micha‘l, BŽlŽnos, Arthur,
Lugus. Reviens en ton domaine comme autrefois. Soulve ta brillante javeline et
protge-nous. Dissipe les forces des tŽnbres. Donne-nous des forts
luxuriantes, des champs verdoyants, des vergers en fleurs et des blŽs mžrs.
Conduis-nous sur ta colline dÕobservation et montre-nous la voie vers le doux
royaume des Dieux.
De la javeline au chaudron, de la
lance au Graal, de lÕesprit ˆ la chair, de lÕhomme ˆ la femme, du Soleil ˆ la
Lune.
Le Soleil, Seigneur de la Vie, se
lve avec force dans le signe de lÕeau de Vie. Ainsi, danse devant le Chaudron
de Korridwann, la DŽesse, et sois bŽni au contact de cette eau consacrŽe.
7.
Lunassa
Notre puissance Mre ˆ tous, ™ toi, source
de toute fŽconditŽ, donne nous des fruits, des grains, des troupeaux et une
progŽniture afin de nous fortifier. Par la rose de ton amour, veuille descendre
sur ta prtresse et servante.
Formez un
cercle, ™ enfants de la rŽcolte!
Ñ Voyez, le Roi-Houx est mort, Lui
qui est aussi le Roi-Ma•s. Il a embrassŽ la Grande Mre et il a succombŽ ˆ son
amour. Il en est ainsi dÕannŽe en annŽe depuis le commencement des temps. Comme
meurt le Dieu de lÕannŽe descendante, tout meurt avec lui, et ce qui sommeille
au sein de la terre pourrait dormir ˆ jamais. Que ferons-nous pour que le
Roi-Houx revienne?
Ñ Donnez-nous le pain de vie ˆ
manger, et la renaissance succdera au sommeil.
Ñ Ainsi soit fait!
Reviens-nous, Roi-Houx, afin que la
terre soit fertile ˆ nouveau.
Je
suis la javeline qui conduit la bataille
Je
suis le saumon dans le bassin
Je
suis la colline de poŽsie
Je
suis le sanglier impitoyable
Je
suis le fracas effrayant de la mer
Je
suis une vague de lÕocŽan
Mais
qui, sauf moi, conna”t le secret du dolmen brut?
8.
Mabon
Adieu,
™ Soleil,
Lumire
perpŽtuelle
Dieu
qui dŽsormais se cache.
Il
quitte maintenant le Royaume ElysŽen
Et
traverse le seuil de la mort
Pour
siŽger sur le tr™ne,
Juge
des Dieux et des hommes,
Chef
cornu des esprits aŽriens.
Et
maintenant quÕil se tient invisible hors du Cercle,
Il
rŽside dans la secrte semence ,
La
semence du blŽ frais et mžr,
La
semence de chair,
DissimulŽe
dans la terre,
Merveilleuse
semence dÕŽtoile.
La
vie est en Lui,
Et
la Vie est la Lumire de lÕhomme,
Ce
qui nÕest jamais nŽ et ne meurt jamais.
Ainsi
les sages ne pleurent point mais se rŽjouissent.
VII. Des
Rites de passage
1. LÕonction des nouveaux-nŽs
Nous sommes assemblŽs en ce cercle
pour demander au puissant Dieu et ˆ la gracieuse DŽesse de bŽnir *** fille de
*** et de ***. QuÕelle grandisse en force et en beautŽ, en joie et en sagesse.
Alors quÕelle est encore trop jeune pour choisir, nous ne cherchons pas ˆ lui
imposer une voie. Il y a plusieurs sentiers, et elle devra trouver le sien.
Plut™t, nous demandons au Dieu et ˆ la DŽesse auxquels mnent tous les chemins
de bŽnir, protŽger et prŽparer *** durant son enfance. Devenue adulte elle
saura sans crainte et sans doute quelle voie est la sienne et pourra le
parcourir dans la joie.
***, mre de ***,
approchez avec votre fille pour la bŽnŽdiction.
Ñ ***, mre de ***, cette enfant
a-t-elle un nom secret?
Ñ Son nom secret est ***.
Ñ De cette huile, je te oins, ***,
te donnant le nom secret de ***. De ce vin, je te oins au nom de Cernunnos, le
puissant Dieu. De cette eau, je te oins au nom dÕAradia, la gracieuse DŽesse.
ƒcoutez, ™ Seigneurs de la tour de
l'Est (Sud, Ouest, Nord). Nous vous prŽsentons ***, dont le nom secret est ***
(nom secret), et qui a ŽtŽ ointe džment ˆ lÕintŽrieur du cercle wiccan. Sachez
quÕelle est sous la protection de Cernunnos et dÕAradia.
Ñ Puissant Cernunnos, offre ˆ cette
enfant le cadeau de la force.
Ñ Gracieuse Aradia, offre ˆ cette
enfant le cadeau de la beautŽ.
Ñ Puissant Cernunnos, offre ˆ cette
enfant le cadeau de la sagesse.
Ñ Gracieuse Aradia, offre ˆ cette
enfant le cadeau de lÕamour.
Les parrains sont-ils dans le
cercle?
Ñ ***, Promets-tu dÕtre
un ami de *** pendant son enfance, de lÕaider et de la guider selon ses besoins?
De concert avec ses parents, promets-tu de la surveiller et de lÕaimer comme
ton vrai sang, jusquÕˆ ce quÕelle soit prte ˆ choisir son propre sentier?
Ñ Moi, ***, je le promets
Le Dieu et la DŽesse lÕont bŽni
Les Seigneurs des quatre Tours lÕont
reconnu
Nous, ses amis, lÕavons accueillis
Ainsi, ™ Cercle ŽtoilŽ
Brille en paix sur ***
Dont le secret est ***
Ainsi soit fait.
2. Le conjointage
Ñ Qui veut tre liŽ en prŽsence de
la DŽesse? Quel est ton nom, ™ homme?
Ñ Mon nom est ***
Ñ Qui veut tre liŽ en
prŽsence du Dieu? Quel est ton nom, ™ femme?
Ñ Mon nom est ***
*** et ***, cÕest avec joie que nous
vous saluons.
LÕunitŽ est Žquilibre, et
lÕŽquilibre est unitŽ. Cette baguette que je tiens symbolise lÕair. Sachez et
rappellez-vous que cÕest un ŽlŽment de Vie, dÕintelligence et de lÕinspiration
intŽrieure. Par cette baguette dÕair nous confŽrons ˆ votre union le pouvoir de
la pensŽe.
Cette ŽpŽe que je tiens symbolise le
feu. Sachez et rappellez-vous que par lÕŽlŽment de lumire, dÕŽnergie et de
vigueur qui coule en vos veines et par cette ŽpŽe flamboyante, nous confŽrons ˆ
votre union le pouvoir de la volontŽ.
Ce calice que je tiens symbolise
lÕeau. Sachez et rappellez-vous que cÕest lÕŽlŽment de lÕamour, de la
croissance et de la fertilitŽ de la Grande Mre. Par ce calice dÕeau, nous
confŽrons ˆ votre union le pouvoir du dŽsir.
Ce pentacle que je tiens symbolise
la terre. Sachez et rappellez-vous que cÕest lÕŽlŽment de la loi, de
lÕendurance et de la comprŽhension inŽbranlable. Par ce pentacle de terre, nous
confŽrons ˆ votre union le pouvoir de la stabilitŽ.
ï
Aphrodite la dorŽe ,
Ne
viens point sous la forme dÕune demoiselle farouche,
DÕune
victime,
Mais
viens comme lÕŽveilleuse,
La
dŽsirante.
LorsquÕelle
appelle les espaces extŽrieurs,
Le
Pre de Tout commence sa cour.
Elle
lÕŽveille au dŽsir, et les mondes sont crŽŽs.
Quelle
elle est puissante,
Aphrodite
la dorŽe,
Celle
qui Žveille la virilitŽ!
Toutes ces choses sont une.
Toutes
les DŽesses sont la DŽesse,
Et
nous lÕappelons Isis,
La
Toute-Femme,
Celle
dont la nature est de receler toute la nature,
De
donner la vie et la mort.
Elle
est lÕorigine de la crŽation
Car
elle Žveille le dŽsir du Pre de Tout
Et
cÕest pour lui quÕelle crŽe.
Au
yeux des sages, toutes les femmes sont Isis.
Que lÕhomme admire la Grande DŽesse
Dans
le corps de toute femme
Attentif
aux cycles,
QuÕil
Žcoute lÕappel
Le
flux et le reflux des marŽes
Qui
rŽsonnent en son ‰me
ï fille dÕIsis,
Adore
la DŽesse,
Sache
Žveiller et rŽjouir en son nom.
Ainsi
tu seras bŽnie par elle,
Et
tu vivras dans la plŽnitude de la vie.
LÕamante incarnera la DŽsse pour
lÕaimŽ.
QuÕelle
ceigne la couronne des ombres
Ou
quÕelle surgisse dans sa gloire,
DorŽe
par les flots primordiaux,
Elle
appellera son aimŽ.
Agissant au nom de la DŽesse
Elle
sera sa DŽesse
Et
la DŽesse parlera par sa bouche.
En
temps que puissance intŽrieure,
Elle
sera PersŽphone couronnŽ.
En
temps puissance extŽrieure,
Elle
sera Aphrodite la vermeille.
Ainsi, elle sera prtresse
Et
reprŽsentera la DŽesse auprs de ses adorateurs.
Ils
soulveront le voile
Ë
force de dŽvouement et de foi.
La vie est le rite dÕIsis
Et
ce qui est montrŽ rituellement
Sera
rŽalisŽ dans la vie.
CÕest
par le rite
Que
la DŽesse descend sur ses adorateurs .
Son
pouvoir les visite
Et
ils deviennent la substance du sacrement.
Par semence et par racines, par
branches et bourgeons, par feuilles, fleurs et fruits, par la vie et lÕamour,
au nom de la DŽesse, Moi, ***, je te prend, ***, dans ma main, mon coeur et mon
esprit, au coucher du soleil et au lever des Žtoiles. [La mort ne nous sŽparera
pas, car ˆ la plŽnitude du temps nous rena”trons ˆ nouveau au mme lieu et ˆ la
mme Žpoque. Nous nous rencontrerons, saurons, nous rappellerons et aimerons de
nouveau.]
Que le soleil, la lune, les Žtoiles
Et ces frres et sÏurs tŽmoignent
Que *** et *** ont ŽtŽ liŽs
Sous le regard du Dieu et de la
DŽesse.
Puissent le Dieu et la DŽesse les
bŽnir
Comme nous le faisons nous-mme.
Ainsi soit fait!
3. La cŽrŽmonie des adieux
AujourdÕhui nous sommes assemblŽs
dans la tristesse et la joie. Nous sommes tristes car un chapitre est terminŽ,
mais nous nous rŽjouissons aussi, car cette fin permet ˆ un nouveau chapitre de
commencer.
Nous sommes rassemblŽs pour
souligner le dŽpart de notre sÏur bien-aimŽe qui vient de terminer cette
incarnation. Ensemble, nous voulons la recommender aux soins et aux
bŽnŽdictions du Dieu et de la DŽesse, afin quÕelle repose, libre des illusions
et des regrets, jusquÕau moment de sa renaissance ici-bas. Sachant cela, nous
comprenons que la tristesse nÕest rien, et que la joie est tout.
Nous
tÕinvoquons, Ama,
Matrone
sombre et stŽrile,
O
toute vie doit retourner le moment venu,
Sombre
mre du calme et du repos
Devant
qui tremblent les hommes
Faute de te comprendre.
Nous tÕinvoquons, HŽcate
DŽesse de la lune dŽcroissante
Dame de la Noire Sagesse
Que craignent les hommes
Faute de te comprendre.
Nous, les enfants cachŽs de la
DŽesse
Nous savons quÕil nÕy a rien ˆ
redouter
Dans ton inŽvitable Žtreinte.
LorsquÕil nous faudra entrer dans
les tŽnbres
Et il le faudra,
Ce sera pour mieux rejoindre la lumire.
Ainsi, sans pleur et sans peur
Nous recommandons ***, notre sÏur.
Conduis-lˆ au Royaume dÕAvalon
SituŽ entre les vies,
Et permet que notre amour lÕaccompagne.
Le
fil dÕargent de la vie se dŽtache,
Le
vase dÕor se brise,
La
cruche ˆ la fontaine se casse,
La
poulie usŽe tombe au fond du puits.
Ë
ce moment lˆ,
Le
corps retourne ˆ la terre dÕo il a ŽtŽ tirŽ
Et
lÕesprit retourne ˆ la DŽesse qui lÕavait donnŽ.
Nous tÕinvoquons, Aima,
Mre brillante et fŽconde,
Dont
procde toute vie
Et
dont les seins nous nourrissent tous.
Nous tÕinvoquons, PersŽphone
DŽesse de la lune croissante
Dame du printemps et des prŽmices
Nous te recommandons ***, notre sÏur
Prends-la, garde-la, guide-la,
Conduis-la jusquÕˆ la plŽnitude du
temps
Vers la renaissance et une vie
nouvelle.
Fais quÕelle trouve lÕamour dans sa
vie prochaine
Un amour comme celui que nous lui
portons
Nous, ses frres et ses sÏurs.
Dans les temps anciens,
Notre-Seigneur, le Grand Cornu Žtait reconnu comme le Consolateur, le LŽnifiant
et le Pacificateur. En mme temps, les hommes le connaissaient comme le
Redoutable Seigneur des ombres, le Dieu solitaire, sŽvre et juste.
Notre-Dame la DŽesse voulait percer
tous les mystres, mme celui de la Mort. C'est ainsi qu'elle lui rendit visite
dans le monde souterrain.
Le gardien du portail la dŽfia:
Ç enlve tes vtements et retire tes ornements, car dans cette contrŽe, tu
ne peux rien emporter avec toi. È
Ainsi, la DŽesse enleva ses
vtements, retira ses ornements et fut liŽe comme le sont tout ceux qui entrent
au Royaume des Morts.
La beautŽ de la DŽesse Žtait telle
que le Seigneur des Ombres lui-mme s'agenouilla pour poser son glaive et sa
couronne ˆ ses pieds. Il les embrassa en disant: Ç bŽnis soient les pieds
qui t'ont conduit en cette voie. Demeure avec moi et laisse mes mains froides
toucher ton coeur. È
Elle rŽpondit: Ç je ne t'aimes
point. Pourquoi prends-tu plaisir ˆ flŽtrir et tuer tout ce que j'aime et qui
me ravis? È
Ç Ma Dame È, dit le
Seigneur des Ombres, Ç je suis impuissant devant l'‰ge et le destin. L'‰ge
flŽtrit toutes choses, mais quand les hommes meurent, une fois leur temps
ŽcoulŽ, je leur prodigue paix, tranquilitŽ et force afin qu'ils puissent
retourner. Mais toi! Tu es ravissante. Ne retourne pas, reste avec moi. È
Mais elle rŽpondit: Ç je ne
t'aimes point. È
Le Seigneur dit alors: Ç si tu
n'accueilles pas mes mains sur ton coeur, tu devras recevoir la flagellation de
la mort. È
Ç C'est le destin, et cÕest
pour le mieux È, rŽpondit la DŽesse. Et elle s'agenouilla, et
le Seigneur la flagella tendrement. Et elle pleura: Ç je sens la morsure
de l'amour. È
Le Seigneur des Ombres lÕaida ˆ se
lever et rŽpondit, Ç bŽnie sois-tu! È. Il lui donna le quintuple
baiser, disant: Ç maintenant seulement peux-tu accŽder ˆ la joie et ˆ la
connaissance. È Il lui enseigna tous ses mystres et lui donna un collier
symbolisant le cycle des vies. En Žchange, la DŽesse lui enseigna le mystre de
la coupe sacrŽe, qui est le Chaudron de la renaissance.
Ils sÕaimrent et ne furent quÕun,
car il y a trois grands mystres dans la vie humaine, et la magie les contr™le
tous. Pour que l'amour
s'accomplisse, tu dois retourner ˆ la mme Žpoque et au mme lieu que
les tres chers, te rappeller et aimer de nouveau. Pour rena”tre tu dois mourir
et te prŽparer ˆ un nouveau corps. Pour mourir, tu dois na”tre. Pour que tu
naisses il faut l'amour.
La DŽesse nous invite ˆ lÕamour, la
plaisanterie et la joie. Pendant leur existence, elle garde et chŽrit ses
enfants cachŽs. Ë leur mort, elle leur enseigne la communion. Mme en ce monde
elle rŽvle les mystres du cercle magicque, qui est situŽ entre les mondes des
hommes et des Dieux.
Forts de ces enseignements, partageons maintenant la fte amoureuse du vin et
des g‰teaux. En mme temps, gardons en mŽmoire notre sÏur, *** [avec qui nous
avons si souvent cŽlŽbrŽ ce rite]. En communiant, nous plaons tendrement notre
sÏur entre les mains de la DŽesse. Ainsi soit fait!
VIII. Des
rituels dÕinitiation
1. Initiation au premier degrŽ
Ñ O toi qui attend sur le seuil
entre le monde plaisant des hommes et le domaine effrayant du Seigneur des espaces extŽrieurs, as-tu
le courage de tenter le passage? Je te le dis en vŽritŽ, il serait prŽfŽrable
de te jeter sur ma lame et de pŽrir que de tenter le passage avec la peur en
ton coeur.
Ñ J'ai deux mots de passe. Parfait
amour en parfaite confiance.
Ñ Tout ceux qui en sont dotŽs sont
doublement accueuillis. Je t'en
donne un troisime pour ouvrir la
porte effrayante. Tenez compte, ™ Seigneurs de l'Est (Sud, Ouest, Nord) que ***
est correctement prŽparŽ pour tre initiŽ en tant que prtre et sorcier.
Eko, eko, Azarak,
Eko, eko, ZomŽlak,
Eko, Eko, Cernunnos,
Eko, Eko, Aradia!
Dans dÕautres religions le postulant
s'agenouille alors que le prtre le surplombe. Mais dans l'Art magicque on nous enseigne l'humilitŽ, ainsi nous
nous agenouillons pour l'accueillir
et disons:
BŽnis
soient les pieds qui t'ont conduit en cette voie.
BŽnis
soient les genoux qui se poseront devant l'autel sacrŽ
BŽnis
soit la matrice sans qui nous ne serions pas.
BŽnis
soient les seins formŽs dans la beautŽ
BŽnis
soient les lvres qui diront les noms de joie.
Nous allons maintenant prendre tes
mesures
Ñ Avant de prter serment, es-tu
prt ˆ passer l'Žpreuve et ˆ tre
purifiŽ?
Ñ Je le suis
Trois
Neuf
Vingt-et-un
Ñ Tu as bravement passŽ l'Žpreuve.
Es-tu prt ˆ jurer fidŽlitŽ envers
l'Art?
Ñ Je le suis
Ñ Es-tu toujours prt ˆ aider,
protŽger et dŽfendre tes frres et soeurs dans l'Art?
Ñ Je le suis
Ñ Ainsi, rŽpte aprs-moi:
Ç Moi, ***, en prŽsence des Puissances, par ma libre volontŽ et de mon
propre choix, jure trs solennellement de toujours garder les secrets de lÕArt
et de ne jamais les rŽvŽler , sauf aux personnes appropriŽes, correctement
prŽparŽes ˆ l'intŽrieur d'un cercle comme celui o je me trouve maintenant. Je
jure de ne jamais interdire les secrets ˆ une telle personne si elle est
correctement prŽsentŽe par un frre ou une soeur de l'Art. Tout cela, je le
jure par mon espoir d'une vie future, sachant que mes mesures ont ŽtŽ prises.
Puissent mes armes se tourner contre moi si je rompts ce serment
solennel. È
Et moi je te marque du triple signe.
Je te consacre avec le chrme. Je te consacre avec le vin. Je te consacre avec
mes lvres en tant que prtre et sorcier.
Maintenant je te prŽsente les outils
de travail. D'abord, le glaive magicque.
Avec cela, tout comme avec l'athamŽ, tu peux Žvoquer les cercles
magicques, dominer, soumettre et punir tout dŽmon ou esprit rebel, et mme
persuader les esprits bienfaisants. Avec cet outil dans tes mains, tu diriges
le cercle.
Je te prŽsente l'athamŽ. Voilˆ la
vŽritable arme des sorciers et possde tous les pouvoirs du glaive magicque.
Je te prŽsente le bollne. Il est
utilisŽ pour faonner tous les instruments de l'art et ne peut tre utilisŽ
qu'ˆ l'intŽrieur du cercle magicque.
Je te prŽsente la baguette. Elle
sert ˆ convoquer certains anges et gŽnis pour lesquels le glaive magicque ne convient pas.
Je te prŽsence le calice. Voici le
rŽceptacle de la DŽesse, le chaudron de Korridwann, le saint Graal
d'immortalitŽ. Nous l'utilisons pour boire en toute amitiŽ et versons des libations en l'honneur de la DŽesse.
Je te prŽsente le pentacle. Il sert ˆ convoquer certains esprits.
Je te prŽsente l'encensoir. Il sert ˆ encourager et ˆ accueillir
les esprits bienveillants et ˆ banir les esprits mauvais.
Je te prŽsente le martinet. C'est un
symbole de pouvoir et de domination. Il sert aussi ˆ la purification et ˆ
l'illumination. En effet, il est Žcrit: Ç pour apprendre tu dois souffrir
et tre purifiŽ. È Es-tu prt ˆ souffrir pour apprendre?
Ñ Je le suis
Enfin, je te prŽsente les cordons.
Dans l'Art, ils servent ˆ lier les sceaux, de mme pour les bases matŽrielles.
Ils sont aussi nŽcessaire pour les serments.
Au nom d'Aradia, je te salue
maintenant en temps que nouveau prtre et sorcier.
ƒcoutez-moi, Puissances de l'Est
(Sud, Ouest, Nord); *** a ŽtŽ ordonnŽ
prtre, sorcier et enfant cachŽ de la DŽesse.
2. Initiation au deuxime degrŽ
ƒcoutez, ™ Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord), *** (nom
mondain), qui est un prtre ordonnŽ et un sorcier consacrŽ , est maintenant
prŽparŽ pour tre fait grand prtre
et mage (grande prtresse et reine
sorcire)
Ñ Pour atteindre ce sublime
degrŽ il faut souffrir et tre
purifiŽ. Es-tu prt souffrir pour
apprendre?
Ñ Je le suis
Ñ Je te purifie afin que tu prte
serment comme il se doit.
Trois
Sept
Neuf
Vingt-et-un
Ñ Je te donne maintenant un
nouveau nom, *** (nom de sorcier choisi). Quel est ton nom?
Ñ Mon nom est ***
Ñ RŽpte ton nouveau nom aprs moi,
en disant: Ç Moi, ***, jure sur le sein de ma mre et par mon honneur chez
les hommes et chez mes frres et soeurs de l'Art, de ne jamais rŽvŽler les
secrets de l'Art, sauf aux personnes appropriŽes, correctement prŽparŽes ˆ
l'intŽrieur d'un cercle comme celui o je me trouve maintenant. Cela, je le
jure par mon espoir de salut, mes vies passŽes, et l'espoir de vies futures. Je
voue mes mesures et moi-mme ˆ la destruction totale si je rompts ce serment
solennel. È
Par ma volontŽ, je te transmet tout
mon pouvoir. Je te consacre avec le chrme. Je te oins avec le vin. Je te consacre avec mes
lvres en tant que grand prtre et mage (grande prtresse et reine sorcire).
Maintenant
tu utilisera les outils de travail ˆ tour de r™le.
Premirement,
le glaive magicque
Deuximement
, l'athamŽ
Troisimement,
le bollne
Quatrimement
, la baguette
Cinquimement
, le calice
Siximement,
le pentacle
Septimement,
l'encensoir
Huitimement,
les cordons
Neuvimement
, le martinet.
Maintenant, sache ceci, en
sorcellerie tu dois toujours rendre ce que tu reois, et le rendre au triple. Ainsi, lˆ o j'ai donnŽ trois
me reviens neuf; lˆ o j'ai donnŽ sept me reviennent vingt-et-un; lˆ o j'ai donnŽ vingt-et-un me reviennent
soixante-trois.
Neuf
Vingt-et-un
Soixante-six
Tu as obŽi ˆ la loi. Mais
souviens-toi: quand tu reois le bien, tu dois le rendre au triple.
ƒcoutez-moi, Puissances de l'Est
(Sud, Ouest, Nord); *** a ŽtŽ ordonnŽ
grand-prtre, et mage
(grande-prtresse et reine sorcire)
Notre-Dame la DŽesse n'avais jamais
aimŽ, mais elle voulait percer tous les mystres, mme celui de la Mort. C'est
ainsi qu'elle se rendit dans le monde
souterrain.
Les gardiens du portail la
dŽfirent: Ç enlve tes
vtements, retire tes ornements, car dans cette contrŽe, tu ne peux rien
emporter avec toi. È
Ainsi, la DŽesse enleva ses
vtements, retira ses ornements et fut liŽe comme le sont tout ceux qui entrent
au Royaume des Morts.
Sa beautŽ Žtait telle que le
Seigneur des Ombres lui-mme s'agenouilla et embrassa ses pieds en disant:
Ç bŽnis soient les pieds qui t'ont conduit en cette voie. Demeure avec moi
et laisse mes mains froides toucher ton coeur. È
Elle rŽpondit: Ç je ne t'aimes
point. Pourquoi prends-tu plaisir ˆ flŽtrir et tuer tout ce que j'aime et qui
me ravis? È
Ç Ma Dame È, rŽpond le Seigneur des Ombres,
Ç je suis impuissant devant l'‰ge et le destin. L'‰ge flŽtrit toutes
choses, mais quand les hommes meurent, une fois leur temps ŽcoulŽ, je leur
prodigue paix, tranquilitŽ et force afin qu'ils puissent retourner. Mais toi!
Tu es ravissante. Ne retourne pas, reste avec moi. È
Mais elle rŽpondit: Ç je ne
t'aimes point. È
Le Seigneur dit alors: Ç si tu
n'accueilles pas mes mains sur ton coeur, tu devras recevoir la flagellation de
la mort. È
Ç C'est le destin, et cÕest
pour le mieux È, rŽpondit la DŽesse. Et elle s'agenouilla, et le
Seigneur la flagella tendrement. Et elle pleura: Ç je sens la morsure de
l'amour. È
Et le Seigneur des Ombres rŽpondit,
Ç bŽnie sois-tu! È et lui donna le quintuple baiser, disant:
Ç maintenant seulement peux-tu accŽder ˆ la joie et ˆ la
connaissance. È Et il lui
enseigna toute la magie.
Ainsi, il y a trois grands
ŽvŽnements dans la vie humaine: l'amour, la mort et la rŽsurrection dans un
nouveau corps. Tous les trois sont contr™lŽs par la magie. Pour que
l'amour s'accomplisse, tu dois
retourner ˆ la mme Žpoque et au mme endroit que lÕtre cher, te remŽmorer et
lÕaimer de nouveau. Pour rena”tre tu dois mourir et te prŽparer ˆ un nouveau
corps. Pour mourir, tu dois na”tre. Pour que tu naisses il faut l'amour. C'est
lˆ toute la magie.
3. Initiation au troisime degrŽ
Avant de commencer le rite sublime, je demande
purification de tes mains.
ƒcoutez, ™ Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord) le deux fois
saint et consacrŽ *** (nom sorcier), grand-prtre et mage (grande prtresse et
reine sorcire), qui est prŽparŽ et va maintenant Žriger l'autel
ancien.
Je dois demander purification encore
une fois.
Maintenant, je dois rŽvŽler un grand
secret
Aides-moi
ˆ Žriger l'autel ancien
O
tous adoraient jadis;
Le
grand autel de toutes choses.
Dans les temps anciens,
La
Femme Žtait l'autel.
Ainsi
l'autel Žtait ŽlevŽ et placŽ ,
Et
le lieu sacrŽ Žtait un point au centre du Cercle.
On nous a enseignŽ que ce point
central est ˆ l'origine de toutes choses.
Nous
devons donc l'adorer.
Et
ce que nous adorons, nous devons
aussi l'invoquer,
Par
le pouvoir de la lance soulevŽe.
ï cercle d'Žtoiles dont notre Pre n'est que le cadet,
Merveille
qui dŽpasse l'imagination,
åme
des espaces infinis devant qui le temps rougit,
L'esprit
devient perplexe,
Et
la comprŽhension s'obscurcit;
Nous
ne pouvons t'atteindre ˆ moins d'honorer ton image.
Ainsi, par semence et par racines,
Par
branches et bourgeons,
Par
feuilles et fleurs et fruits,
Nous
t'invoquons,
ï
Reine de l'Espace,
ï
joyaux lumineux,
PerpŽtuel
empyrŽe.
Qu'on ne parle pas de toi comme Une,
Mais
comme Aucune.
Ne
les laisse pas parler de toi du tout
Puisque
tu es ineffable.
Tu es le point que nous adorons,
Le
point au centre du cercle,
Le
point de vie sans qui nous ne serions.
Ainsi sont ŽlevŽs les pilliers
jumeaux,
ƒrigŽs
dans la beautŽ et la force
Pour
l'Žmerveillement et la gloire de
l'humanitŽ.
ï Secret des secrets
Qui
est cachŽ dans tout tre vivant
Ce
n'est pas toi que nous adorons
Car
ce qui adore est aussi toi
Tu
es ceci et je suis cela.
Je
suis la flamme qui bržle au coeur de chaque homme,
Et
le noyau de chaque Žtoile.
Je
suis la vie et le donneur de vie.
Ainsi
donc, la connaissance de moi est la connaissance de la mort
Ë
moi seul, je suis le Seigneur en nous
Dont
le nom est Mystre des mystres
Ouvre les voies de l'intelligence
entre nous
Car
voici les cinq vrais points de communion
Pieds
ˆ pieds
Genoux
ˆ genoux
Lance
et Graal
Poitrine
ˆ poitrine
Lvres
ˆ lvres
Par
le puissant nom de Cernunnos
Et
par le gracieux nom d'Aradia
Que
la lumire se cristallise en notre sang
Assurant
notre rŽsurrection
Car
il n'est partie de nous qui ne soit divine.
IX. Des
autres secrets
1. Des voies de la magie
On dit que le symbole sur l'athamŽ
[Ndt.: lÕŽtoile ˆ huit branches] reprŽsente, entre autre chose, les huits
sentiers qui mnent au Centre et les huits voies pour faire de la magie. Ce
sont:
1. La mŽditation ou la concentration
2. Les chants, les sorts, les invocations.
Invoquer la DŽesse, etc.
3. La projection du corps astral, ou transe.
4. L'encens, les drogues, le vin, etc. Toute
potion qui libre l'esprit.
5. La danse.
6. Le contr™le du sang. L'utilisation des
cordes.
7. Le martinet.
8. Le grand Rite.
Tu peux combiner plusieurs de ces
mŽthodes afin de produire plus de pouvoir. Cinq choses sont nŽcessaires pour
pratiquer l'Art avec succs:
1. L'intention. Il te faut une absolue
volontŽ de rŽussir, une inŽbranlable foi dans ton succs et la dŽtermination requise pour vaincre tous les obstacles.
2. La prŽparation. Tu dois tre correctement
prŽparŽ.
3. L'invocation. Les Puissances doivent tre invoquŽes.
4. La consŽcration. Le Cercle doit tre correctement ŽvoquŽ
et consacrŽ, et tes outils doivent tre proprement consacrŽs.
5. La purification. Tu dois tre purifiŽ.
Ainsi, cinq choses sont requises
avant de commencer, et huit sentiers mnent ensuite au Centre. Par exemple, tu
peux combiner 4, 5, 6, 7 et 8
ensemble dans un rituel; ou 4, 6 et 7 ensemble avec 1, 2 et peut-tre 3. Plus
tu combines, plus la puissance cro”t.
Il n'est poinct conuenable de
presenter ˆ la Deesse une offrande comptant moins de quarante escourgŽes, &
uoici le secret: les nombres fauorables sont 3, 7, 9 & trois foys 7, c'est
ˆ dire 21. AdditionnŽs ces nombres font quarante, ce qui signifie qu'un nombre
moins parfait & moins fauorable ne seroit poinct une parfaite priere. De
mesme, le quintuple salut est cinq, bien qu'il y ayt 8 baisers; car il y a deux
piedz, deux genoulx & deux poitrines. Et cincques foys huit uaut quarante.
De mesme, il y a 8 outils de trauail & le pentacle est 5; & cinques
foys huitz font quarante. (Note: 8 plus 5 fait 13. 8 multipliŽ par 5 fait 40)
2. Du pouvoir
Le pouvoir est latent dans le corps
et peut tre tirŽ et utilisŽ par les habiles. Cependant, il va se dissiper
rapidement, ˆ moins qu'il ne soit confinŽ dans un cercle.
Le pouvoir est exudŽ du corps par la
peau et probablement par les orifices du corps; tu devrais donc te prŽparer
correctement. La moindre saletŽ g‰che tout, ce qui montre l'importance d'une
propretŽ irrŽprochable.
L'attitude est d'une grande
importance, aussi, ne travaille que dans un esprit de rŽuŽrence. Si nŽcessaire, prendre un peu de vin et
rŽpŽter pendant la cŽrŽmonie peut aider ˆ produire le pouuoir. D'autres
boissons fortes et drogues peuvent tre utilisŽes, mais il importe d'tre
tempŽrŽ. Tu ne pourras ma”triser le pouvoir ŽvoquŽ si tu es le moindrement
confus.
La faon la plus simple, c'est de
danser en entonnant un chant monotone, lentement dÕabord, puis en accroissant
graduellement le tempo jusqu'ˆ
Žtourdissement. Les appels peuvent alors tre utilisŽs, mais mme les cris
sauvages et dŽnuŽs de signification produisent du pouvoir. Cependant, cette
mŽthode enflamme l'esprit et complique la ma”trise du pouvoir, quoique la
ma”trise puisse tre aquise auec de la pratique. Le martinet est une bien
meilleure faon, puisqu'il stimule et excite le corps et l'esprit tout ˆ la
fois, quoiqu'il permette de conserver la ma”trise.
La Grande Union est de loin la
meilleure mŽthode. Elle libre un Žnorme pouvoir, mais les conditions et les
circonstances la rendent difficile ˆ ma”triser par l'esprit les premires fois.
Encore une fois, cela dŽpend de la
pratique et de la force naturelle de la volontŽ de l'opŽrateur, et dans une moindre mesure, de celle de ses
assistants. Si plusieurs assistants expŽrimentŽs sont prŽsents, comme
autrefois, et si les volontŽs sont correctement accordŽes, des merveilles adviennent.
Les magiciens noirs sacrifient du
sang, et quoique nous tenions cette mŽthode pour ignoble, nous ne pouvons nier
son efficacitŽ. Au lieu d'exuder lentement, comme dans notre mŽthode, le
pouvoir surgit violemment du sang fra”chement versŽ. La terreur et l'angoisse
de la victime ajoutent en intensitŽ, et un petit animal peut susciter un Žnorme
pouvoir. Cependant, il est difficile pour l'esprit humain de ma”triser le
pouvoir qui Žmane d'un esprit animal infŽrieur. Les sorciers prŽtendent avoir
des mŽthodes pour y arriver, et cela est d'autant plus aisŽ que l'animal sacrifiŽ est supŽrieur. Lorsque la
victime est humaine, le problme dispara”t totalement. (La pratique est
abominable, mais c'est ainsi).[i]
Les prtres le savent bien, eux qui accumulent
un Žnorme pouvoir par la souffrance et la terreur des victimes des autodafŽs
(les feux agissant ˆ peu prs comme les cercles). Les flagellants du temps
jadis Žvoquaient certainement le pouvoir, mais il Žtait perdu, puisqu'il
n'Žtait pas confinŽ dans un cercle. Cependant, la quantitŽ de pouvoir gŽnŽrŽ
Žtait si grande et si continue que n'importe quel initiŽ pouvait l'harnacher et
l'utiliser de la mme faon. On chuchotte qu'une victime humaine consentante
pourvue d'assistants hautement expŽrimentŽs pouvait rŽaliser des miracles
lorque son esprit restait fixŽ sur le Grand Oeuvre. Mais de cela je ne parlerai
pas.
3. De la prŽparation convenable
Nu, mais des sandales (non des
souliers) peuvent tre portŽs. Pour l'initiation, attache les mains derrire le
dos, ˆ la hauteur des reins, puis attache le cordon autour du cou en formant
une laisse qui pende devant la gorge. (Ainsi, les bras forment un triangle sur
le dos). Quand l'initiŽ s'agenouille devant l'autel, la laisse est attachŽe ˆ
un anneau fixŽ ˆ l'autel. Un petit cordon est attachŽ comme une jarretire ˆ la jambe gauche de l'initiŽ, juste au
dessus du genou, le bout rentrŽ. Un autre cordon est attachŽ autour du mollet droit, le bout rentrŽ
afin de ne pas nuire au dŽplacement. Ces cordons sont utilisŽs pour attacher
solidement l'initiŽ lorsqu'il s'agenouille devant l'autel, et ils doivent tre
assez long pour servir cet usage. Les genoux aussi doivent tre solidement
liŽs. Cela doit tre fait avec prŽcaution. Si l'aspirant se plaint de douleurs,
le lien doit tre rel‰chŽ quelque peu.
Si tu veux induire un Žtat de transe
par rŽtention du flot sanguin, un lŽger inconfort suffit, alors qu'un grand
inconfort retiendrait la transe. Il faut donc prendre le temps d'ajuster le
lien jusqu'ˆ tension idŽale, et seul l'aspirant peut t'aider ˆ y arriver. (Bien
sžr, cela ne s'applique pas ˆ l'initiation, puisque la transe n'est pas
dŽsirŽe, mais aux fins du rituel, il est bon que l'initiŽ soit attachŽ assez
solidement pour se sentir absolument impuissant, mais sans inconfort.)
La mesure au premier degrŽ est prise
de cette faon: la hauteur du cou, du coeur et du sexe. Si quelqu'un se rend
coupable en trahissant les secrets, la coutume veux que ses mesures soient
enterrŽes ˆ minuit dans un marŽcage, et qu'il soit maudit en disant :
Ç puisses-tu pourrir comme tes mesures È.
4. De la danse de rŽunion
La demoiselle doit conduire. Un
homme doit placer ses deux mains
sur sa taille, se tenant derrire elle, et ainsi de suite en alternant hommes
et femmes. Ainsi la demoiselle mne la danse et tous la suivent. Ë la fin, elle
dirige le groupe dans une spirale dextrogyre. Lorsqu'elle rejoint le centre (et
il est prŽfŽrable qu'il soit marquŽ d'une pierre) elle se retourne et embrasse
chaque homme venant ˆ elle. De mme, chaque personne arrivant au centre se
retourne, les hommes embrassant les femmes, et les femmes embrassant les
hommes.
En suivant la musique, ce jeu est
plein de gaietŽ, mais il faut s'exercer pour y arriver bien. Notes que les
musiciens doivent observer les danseurs et accŽlŽrer ou ralentir le tempo comme
il convient. Pour les dŽbutants la musique doit tre lente sans quoi il y aura
confusion. Cela est excellent pour prŽsenter les gens aprs une grande
assemblŽe.
5. Des Cris
Jadis on utilisait plusieurs chants
et cris, et surtout pour danser. Nous avons oubliŽ plusieurs de ces chansons;
mais nous savons qu'on utilisait les cris Ç IAU È, Ç HAU È,
qui ressemblent aux cris Ç ƒVO È ou ÔƒVOƒÕ des anciens. Plusieurs d'entre-eux dŽpendaient de la
prononciation. Dans ma jeunesse, quand j'entendais le cri Ç IAU È, il
me semblait entendre Ç AƒIOU È, ou plut™t Ç HAAƒƒ IOOUU È
ou Ç AA ƒƒ IOOOOUU È. C'est la faon de les prolonger qui en fait des cris convenables. Cela
suggre qu'il s'agissait des initiales d'une invocation, comme ÔAGLAÕ jadis. On
raconte que c'est le cas pour l'alphabet hŽbreux en entier, et qu'il Žtait
rŽcitŽ comme un puissant charme. En out cas, il est certain que ces cris ont de
puissants effets durant les danses, comme je l'ai moi-mme constatŽe.
Les autres cris sont
Ç IƒHOVA È et Ç ƒHEIE È. De mme Ç HO HO HO ISƒ ISƒ
ISƒ È.
Ç IEO VEO VEO VEO VEOU OROU OU
OVOVO È pourrait tre un
sort, mais c'est plus probablement un appel, ˆ l'instar du Ç ƒVOƒ
ƒVOƒ È des Grecs et du Ç ƒVƒ HO! È des marins. Ç Emen
hetan È et Ç Ab hur, ab hus È semblent tre des appels, tout
comme le Ç horse and hattacok, horse and go! Horse and pellatis, go, go,
go! È et le Ç toure-loure, dansons alentour È.
Ç Thout, tout a tout tout,
throughout and about È et Ç rentum tormentum È sont probalement
des tentatives mal prononcŽes de
restituer des formules anciennes, quoi qu'ils aient peut tre ŽtŽ inventŽ par
quelque malheureux torturŽ pour taire la vŽritable formule.
6. Du c™ne de pouvoir
Ceci pourrait bien tre l'ancienne faon.
Le cercle est marquŽ et les gens Žtaient placŽs ˆ l'entour pour fouetter les
danseurs. Un feu ou une chandelle Žtait ˆ l'intŽrieur, ˆ l'endroit o les
objets de culte sont censŽs tre. Tous faisaient alors une ronde jusqu'ˆ ce
qu'ils sentent avoir libŽrŽ assez de pouvoir. S'il s'agissait d'un rite de
banissement, ils commenaient par tourner de faon dextrogyre pour finir de
faon sinistrogyre, avec plusieurs rondes dans chaque sens. Ils formaient enfin
une file, et se tenant par la main, couraient vers le feu et criaient ce qu'ils
dŽsiraient. Ils continuaient jusqu'ˆ l'Žpuisement ou jusqu'ˆ ce que quelqu'un
dŽfaille, lorsqu'ils pensaient avoir portŽ le sort ˆ destination.
7. Des Žpreuves de lÕart magicque
Apprend la leczon de l'eºprit qui ua
chargez de deºhonneur, car c'eºt l'eºprit qui arreºte les epaules & non le
poidz. L'armure eºt lourde, mais c'eºt un noble fardeau & les hommes s'y
tiennent droitz. Contraindre & limiter un sens sert ˆ accroiºtre la
concentration d'un aultre. Fermer les paupieres aide ˆ ouir. De meºme, lier les
mains de l'initiŽe accroit les perceptions mentales, tandis que lÕeºcourge
augmente la uiºion interne. Ainºi, l'initiŽe trauerºe fierement, comme une
princeººe, sachant que cela sert ˆ accroitre sa gloire.
Cependant, cela n'eºt poººible
qu'auec l'aide d'une aultre intelligence, & dans un cercle, pour euiter la
diººipation du pouuoir generez. Les preºtres tentent de faire de meºme auec
leurs flagellations & mortifications de la chair. Manquant l'aide des
liens, & leur attention eºtant detournŽe par la flagellation elle-meºme, ils diººipent rapidement le
peu de pouuoir qu'ils generent. Il n'eºt pas etonnant qu'ils echouaººent
souuent, puiºqu'ils ne trauaillent
normalement pas dans un cercle. Les moynes & ermites y arriuent
mieulx, puiºqu'ils operent dans de minuºcules cellulles & grottes, qui
agiººent un peu comme des cercles.
8. Pour la clairvoyance
La clairvoyance vient ˆ diffŽrentes
personnes de diffŽrentes faons. Elle vient parfois naturellement, mais peut
tre induite de plusieurs manires. La mŽditation profonde et prolongŽe peut
suffire, mais seulement si tu es douŽ, et habituellement, un long ježne est
nŽcessaire. Jadis les moines et les soeurs obtenaient la clairvoyance par de
longues vigiles, combinŽes avec le ježne et la flagellation jusqu'au sang.
D'autres mortifications de la chair Žtaient pratiquŽes qui donnaient des
visions.
En Orient on s'infligeait diffŽrents
tourments tout en s'asseyant en position de crampe, ce qui retardait le flot
sanguin. Longue et continues, ces pŽnitences donnaient de bons rŽsultats.
L'Art nous enseigne une mŽthode plus
aisŽe, qui consiste ˆ intensifier l'imagination tout en ma”trisant la circulation sanguine, et la meilleure
faon d'y arriver est dÕutilise les rituels.
L'encens est bonne pour appaiser les
esprits, elle induit la relaxation chez l'aspirant et aide ˆ crŽer une
atmosphre propice ˆ la suggestion. La myrrhe, la gomme mastique, les racines
de rue aromatique, l'Žcorce de cannelle, le musc, le genivre, le santal et l'ambre
gris sont tous valables, mais l'encens de patchouli est le plus efficace.
Aprs la formation du cercle,
lorsque tout est correctement prŽparŽ, l'aspirant doit d'abord lier et amener
son tuteur dans le cercle, invoquer les esprits appropriŽs pour l'opŽration,
danser en rond jusqu'ˆ
l'Žtourdissement, tout en invoquant et annonant l'objet des travaux.
Enfin, il doit utiliser le martinet.
Cela fait, le tuteur doir lier
l'aspirant ˆ son tour, juste assez pour retarder lŽgrement le sang sans causer
d'inconfort. Ils dansent en rond
encore une fois.
Devant l'autel, le tuteur flagelle
son pupille avec des coups lŽgers, constants et monotones. Il importe que le
pupille voit venir les coups, de manire
ˆ n'entra”ner qu'une douleur fugitive et ˆ fouetter l'imagination. Il
importe que les coups soient lŽgers, le but n'Žtant que d'augmenter l'influx
sur le dos pour diminuer celui de la tte. CombinŽ avec des liens lŽgers, cela
ralentit la circulation sanguine
et induit une stupeur somnolente. Le tuteur doit rester attentif, et ds que
l'aspirant parle ou dort, il doit cesser la flagellation. Le tuteur doit aussi
veiller ˆ ce que le pupille ne refroidisse pas. Si le pupille lutte ou semble
en dŽtresse il faut le rŽveiller sur-le-champ.
Ne sois pas dŽcouragŽ si les
rŽsultats ne surviennent pas ds la premire expŽrience. Les effets se font habituellement sentir aprs
deux ou trois essais. Les effets viendront aprs deux ou trois expŽriences, puis
ils se manifesteront plus rapidement. Bient™t, le rituel pourra tre abrŽgŽ,
mais n'oublie jamais d'invoquer la
DŽesse ou de former le cercle. Pour de meilleurs rŽsultats il est prŽfŽrable de
trop ritualiser les premires
fois.
On a constatŽ que cette pratique
crŽait des liens affectifs entre l'aspirant et le tuteur, et cela facilite les
rŽsultats s'il en est ainsi. Si pour quelque raison il Žtait indŽsirable qu'une
telle affection naisse, cela peut tre ŽvitŽ. Ds le dŽbut, on s'accordera sur
la nature fraternelle ou parentale de cette affection.
Souviens-toi qu'il faut Žvoquer le
cercle correctement pour Žviter de dissiper le pouvoir gŽnŽrŽ. Le cercle est
aussi une barrire contre toute force gnante ou malfaisante, car pour obtenir
de bons rŽsultats tu dois te dŽbarasser de toutes les perturbations.
Souviens-toi que lÕobscuritŽ, la
flamme des chandelles, l'encens et le mouvement rŽgulier du martinet ne sont pas des effets de scne. Ce sont des instruments mŽcaniques pour stimuler la suggestion,
laquelle ouvre les portes de
l'extase, confre la connaissance et permet de communier avec la DŽesse. Une
fois parvenu, le rituel devient inutile puisque tu maintiens l'extase ˆ
volontŽ. Cependant, le rituel demeure le meilleur moyen jusqu'ˆ ce moment, ou
lorsque tu dŽsires guider un compagnon vers la bŽatitude.
9. Pour quitter son corps
Il est mal avisŽ de tenter de
quitter son corps sans avoir prŽalablement obtenu la clairvoyance.
Le rituel de clairvoyance peut tre
utilisŽ, mais trouve d'abord un coussin confortable. Agenouilles-toi de sorte que
tes cuisses, ton ventre et ta poitrine soient bien appuyŽs, les bras tendus en
avant et attachŽs de chaque c™tŽ, de sorte que tu te sentes vraiment poussŽ en
avant. Alors que la transe s'induit, tu devrais sentir un courant t'entra”ner
vers le sommet de ta tte.
Le martinet doit avoir un mouvement
de tirant, comme pour te retenir en arrire. Les deux volontŽs doivent
s'accorder en conservant une
tension Žgale et constante. Lorsque
vient la transe, le tuteur peut tÕaider en t'appellant doucement par ton nom.
Tu te sentiras probablement tirŽ
hors de ton corps, comme si tu entrais dans un Žtroit passage, et tu seras
debout derrire ton tuteur, voyant ton corps sur le
coussin. Tente d'abord d'entrer en communication avec ton tuteur. S'il est clairvoyant, il te verra
probablement. Au dŽbut, ne t'Žloignes pas trop, et il est prŽfŽrable d'tre
accompagnŽ par quelqu'un d'expŽrimentŽ.
Note: lorsque tu dŽsires regagner
ton corps afin que l'esprit et la matire co•ncident ˆ nouveau, PENSE A TES
PIEDS. Cela entra”nera le retour en place.
10. Les outils magicques
Selon la tradition, les meilleures
matires pour fabriquer les outils sont celles qui ont ŽtŽ vivantes, par
opposition aux matires artificielles. Ainsi, le bois ou l'ivoire font de
meilleures baguettes que le metal, qui est plus appropriŽ pour les ŽpŽes ou
couteaux. Pour les talismans, le
vŽlin est prŽfŽrable au papier manufacturŽ, etc. De mme, les objets faonnŽs ˆ
la main sont valables, puisqu'ils sont habitŽs par la vie.
11. Pour fabriquer un chrme
dÕonction
Prendre un plat en ceramique ˆ
moitiŽ rempli de sayndoux ou d'huile d'oliue. Aiouter des feuilles de menthe
chiffonnŽes. Mettre au bain-marie. Remuer de temps ˆ aultre. Apres quatre ou
cinques heures filtrer ˆ trauers une etoffe & remettre dans le plat. Aiouter de nouuelles feuilles
iusqu'ˆ ce que le parfum soit intense. Faire la mesme chose auec de la
mariolaine, du thym & des feuilles seches de patchouli, sy tu en as (car ce
sont les meilleures). Lorsque les huiles sont fortement parfumŽes, les melanger
& sceller le tout dans une iarre
hermetique.
Oindre derriere les oreilles, sur la
gorge, sur la poitrine & le sein. Dans les rituels de benediction, oindre
les genoulx & les iambes, & de mesme pour les rituels liŽs aux uoyages
ou ˆ la guerre.
12. Autres
Une note sur la bŽnŽdiction du vin
et des g‰teaux. On raconte qu'autrefois la bire et l'hydromel Žtaient souvent
utilisŽs au lieu du vin. On dit que des spiritueux ou n'importe quoi peut tre
utilisŽ, Ç pourvu que ce soit vivant È.
Tous sont frres et soeurs. C'est
pour cette raison que mme la grande-prtresse doit se soumettre ˆ lÕescourgŽe.
Si tu es tentŽ d'admettre ou de te
vanter d'appartenir au culte, souviens-toi que tu mets tes frres et soeurs en
danger. Bien que les bžchers de la persŽcution soient aujourdÕhui Žteints, qui
sait lorsqu'ils flamberont de nouveau? Plusieurs prtres connaissent nos
secrets. Ils savent fort bien que si la bigoterie s'appaise, et que si les
joies de notre culte sont rŽvŽlŽes, plusieurs voudront le joindre,
affaiblissant ainsi le pouvoir des ƒglises. Si nous acceptons trop de recrues,
les bžchers pourraient flamber ˆ nouveau. Ainsi, garde toujours les secrets.
Ceux qui participent aux rituels doivent savoir exactement
quels rŽsultats ils souhaitent obtenir et doivent garder leur esprit fermement
fixŽ sur le rŽsultat dŽsirŽ, sans flancher.
ICI SE TERMINE
LE LIBER VMBRARVM
QUE LES DIEVX VOVS BENISSENT!
Soyons clairs. La Wicca sÕoppose
absolument ˆ toute forme de sacrifice animal, et ˆ fortiori, aux sacrifices
humains! Ce passage difficile ne doit pas crŽer de malentendu. Il pose trois
questions distinctes : les sacrifices engendrent-t-ils du pouvoir? Les
sacrifices sont-ils licites dans la pratique wiccane? Pourquoi les auteurs du Liber
Umbrarum croient-ils nŽcessaire de parler ainsi
des sacrifices?
NÕayant jamais fait couler le
sang,Ñet nÕayant aucune intention de le faire!Ñ nous ne pouvons rŽpondre avec
certitude ˆ la premire question. Cependant, il est plausible que les
sacrifices engendrent un certain pouvoir. Autrement, il serait difficile
dÕexpliquer leur prŽsence dans un si grand nombre de cultures. Les historiens
et les anthropologues tŽmoignent de leur importance, y compris dans la
civilisation celtique. Il faut cependant noter que dans ces contextes
spŽcifiques, les sacrifices Žtaient soigneusement contr™lŽs, limitŽs et rŽglŽs
ˆ des fins religieuses. Ces pratiques ne sauraient se confondre avec la cruautŽ
envers les animaux que lÕon observe trop souvent dans nos sociŽtŽs modernes.
Si nos anctres ont sacrifiŽ, cela
ne nous force pas ˆ en faire autant! Les wiccans ne sont pas prisonniers des
pratiques du passŽ. Notre approche Ç reconstructionniste È consiste ˆ
adapter les traditions ˆ nos besoins et ˆ un univers Žthique diffŽrent. Les
nŽo-pa•ens se rŽclament de la nature, de la compassion et de lÕŽcologie. Ils
sont donc fermement opposŽs aux sacrifices. LÕathamŽ ne doit jamais verser le
sang.
DÕailleurs, ce Livre des Ombres condamne explicitement les sacrifices.
Il les associe aux Ç magiciens noirs È et dŽcrit la pratique comme
Ç ignoble È et Ç abominable È. Dans sa Charge, la DŽesse nous
dit : Ç ma loi est amour pour les tres et les ‰ges È, Ç ayez
en vous [É] du pouvoir et de la compassion [É]È. La cruautŽ ne fait pas partie
de la Ç liturgie È de la DŽesse, mais ÇlÕamour et les
plaisirs È. Surtout, la DŽesse affirme : Çje refuse les sacrifices
sous toutes espces car je suis
Mre. Les vivants viennent de Moi et jÕinonde toute la terre
detendresse È. De mme, le principe du Credo des Sorcires est clair et bien
connu : ÇSi nul nÕest lŽsŽ, fait ce que veux È.
Nous avons conservŽ ce passage parce
quÕil sert ˆ plusieurs usages. DÕabord, il tente dÕexpliquer le fait historique
du sacrifice animal et humain. Ensuite il montre en quoi la wicca nÕest pas
esclave des traditions et il justifie lÕapproche reconstructionniste. En
dŽnonant les sacrifices comme Ç abominables È le Livre des Ombres
nous donne aussi une importante leon : la poursuite du pouvoir ne doit
jamais se faire au dŽtriment de la compassion. Ainsi, ce passage illustre
puissamment lÕŽthique wiccane, et insiste sur ce qui nous distingue des
satanistes et des traditions sacrificielles comme le vaudou.
© CŽdric
Lelivre,
Pour le Convent de lÕAlouette
Solstice d'ŽtŽ 1999